Une histoire contrastée : du pionnier à l’outsider
Si on remonte aux années 80-90, la France vibrait au son du reggae dans de nombreux festivals populaires – à l’époque, même les Vieilles Charrues programmaient Alpha Blondy ou Toots & the Maytals (source : Le Monde, 2017). Même scénario côté Printemps de Bourges ou Francofolies, qui n’ont pas hésité à ouvrir leurs plateaux à la nouvelle génération reggae francophone (Sinsemilia, Tryo, Yaniss Odua…). Pourtant, le poids du reggae sur les grandes scènes généralistes décline sensiblement dans les années 2010 avec la montée de l’électro et du rap.
Pour autant, il serait injuste de parler d’effacement total. Aujourd’hui, en France comme ailleurs en Europe, le reggae continue de percer : il ne truste plus les têtes d’affiche, mais s’impose comme une force d’équilibre. Les programmations de festivals comme Solidays, le Garorock ou Paléo (en Suisse) réservent quasi systématiquement une place à la culture reggae/dub/dancehall – une fidélité qui tient autant à la diversité du public qu’à la longévité des légendes du genre comme Horace Andy, Groundation ou Biga*Ranx.