Un brassage naturel : racines africaines & caribéennes sur le même riddim
Impossible d’ignorer la quête de sens et d’hybridité qui anime les musiques actuelles. Reggae et afrobeats, deux mondes nés d’histoires de résistance, d’exil et de fêtes, se retrouvent aujourd’hui à fusionner partout sur la planète, des studios de Lagos à ceux de Kingston, en passant par Paris, Londres, ou Accra. Mais pourquoi ce mélange explose-t-il depuis quelques années ? Pour comprendre la connexion, il faut creuser dans les racines des deux genres.
- Reggae : Né en Jamaïque à la fin des années 60, il découle du ska et du rocksteady, lui-même profondément marqué par la musique nigériane, ghanéenne et sénégalaise, importée sur l’île par les travailleurs migrants. Citons les célèbres riddims comme “Sleng Teng” ou “Stalag”, joués partout, qui restent des rythmes à la croisée des diasporas.
- Afrobeats : Né au Nigeria dans les années 2000, porté par des artistes comme Davido, Wizkid ou Burna Boy, l’afrobeats n’est pas à confondre avec l’afrobeat de Fela Kuti (1970’s). Il mixe musiques africaines traditionnelles, hip-hop U.S., dancehall, funk et highlife ghanéen, sans complexe. Résultat : une formule ultra-dansante, colorée, qui allume toutes les pistes mondiales.
Si le reggae a puisé dès ses origines dans l’Afrique pour ses lignes de basse et mélodies, l’afrobeats, lui, a toujours revendiqué l’inort de l’underground jamaïcain. Le métissage paraît donc aussi naturel qu’inévitable aujourd’hui.