Quand le reggae made in Nigeria s’acoquine avec l’afrobeats : une histoire en marche
Au départ, la rencontre du reggae nigérian avec l’afrobeats, ce n’est pas juste un nouveau cross-over tendance. C’est l’expression d’un vibe profond – celui d’une Afrique qui n’a jamais cessé de mixer, remixer, sampler, digérer pour mieux se réinventer. De Bob Marley à Burna Boy, tout un continent a appris à jongler avec ses racines et ses influences globales.
Le reggae nigérian, héritier direct du roots jamaïcain mais aussi de la scène UK (Steel Pulse, Aswad...), a toujours infusé la musique locale depuis la génération Sonny Okosun et Majek Fashek. Depuis les années 2000, il se reconfigure, s’imbibe des rythmes digitaux, avale des beats afro, se colorie de Naija pop et réapparaît dans l’internationale playlist de Spotify comme d’Apple Music.
Afrobeats (avec un « s ») – cette nu wave qui enflamme Lagos, Londres, Paris ou Accra – adore piocher dans les sons de Kingston : basslines rondes, delay psyché du dub, refrains à la structure reggae. Mais le Nigéria, fidèle à sa culture du melting-pot, fait bien plus que sampler. Il fusionne pour mieux exploser les codes.