Le Maroc : Émergence, fusion et figures fondatrices
Le reggae à la marocaine : ancrage et identité
Dès la fin des années 1980, la scène alternative de Casablanca et Rabat fourmille. Le reggae investit les petits bars, les garages, les festivals naissants. Deux groupes émergent comme fers de lance :
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Gnawa Diffusion : Non, ils ne sont pas strictement marocains, et leur origine algérienne s’impose, mais leur leader Amazigh Kateb a passé une partie de sa vie à Casablanca. Le groupe hybridait reggae, gnawa, chaâbi et dub dès 1992, lançant une nouvelle vibe mêlée d’engagement politique (source : Africultures).
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Darga : Formé au début des années 2000 à Casablanca, Darga popularise ce qu’ils appellent le "reggae gnawi", mélangeant basse chaloupée, qarqabous et textes contestataires. Leur titre "Salam Alikoum" (2003) marque les esprits et se tape des passages radios jusque sur NRJ Maroc et Hit Radio.
Des précurseurs oubliés : les années 1990
Avant Darga, peu de groupes s’affichent ouvertement reggae. Citons néanmoins :
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Groupe Wassla : Créé à Kénitra, actif dès 1995, ils posent les premières pierres d’un reggae engagé, jouant souvent lors de fêtes étudiantes ou de rassemblements politiques.
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DJ Key : À Marrakech, ce selector pionnier bootlege des cassettes reggae, anime des sound systems confidentiels pendant les années 1990, popularisant le style auprès des jeunes en soif d’autre chose que le pop-mawazine.
Des festivals qui changent la donne
Les années 2000 voient l’éclosion de festivals hors-norme :
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L’Boulevard : Né à Casablanca en 1999, ce festival offre une scène aux sons alternatifs, reggae inclus. L’édition 2005 invite pour la première fois un plateau 100% reggae fusion, boostant les candidatures d’artistes locaux.
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Fête de la musique à Essaouira : Plateforme unique où reggae, Gnaoua et jazz explosent les frontières musicales.
| Groupe/Artiste |
Ville |
Période d’activité |
Particularité |
| Darga |
Casablanca |
2001-Présent |
Fusion reggae-gnawa, lyrics sociaux |
| Wassla |
Kénitra |
1995-2010 |
Reggae militant, scènes étudiantes |
| DJ Key |
Marrakech |
1992-2005 |
Sound system underground |
| Gnawa Diffusion |
Casablanca/Alger |
1992-Présent |
Fusion panafricaine, reggae engagé |
Le reggae, courroie de transmission sociale
Dans les années 2010, le reggae devient également synonyme de lutte contre la marginalisation. Des collectifs émergent, comme Labess ou Mayara Band, qui n’hésitent pas à parler de l’exclusion des jeunes, du chômage, mais aussi de l’amour et de la fusion des cultures. Ces groupes obtiennent parfois le soutien d’ONG locales, qui voient dans le reggae une passerelle éducative, un soft power inédit (source : Jeune Afrique).
A noter qu’en 2016, le magazine marocain TelQuel recense plus de 25 groupes actifs sur la scène reggae/dub dans le royaume, une explosion par rapport à la décennie précédente.