Reggae, rastafarisme et héritages croisés : une histoire entre mythe et ancrage
Le reggae s’est greffé au paysage culturel éthiopien grâce à deux phénomènes : le rayonnement mondial du rastafarisme et l’arrivée, dès les années 60, de familles rastas venus s’installer à Shashamane, à 250 km au sud de la capitale. Ici, Haïlé Sélassié avait offert des terres aux descendants de la diaspora africaine. En quelques décennies, ce petit coin de terre est devenu un épicentre de la contre-culture reggae, avec ses communautés, ses studios, ses "reggae houses" comme la Zion Train Lodge ou le Jamaican Rastafari Development Community Center.
- Haïlé Sélassié, vu comme le Messie dans la foi rastafari, fait de l’Éthiopie une Mecque du reggae pour toute la diaspora.
- Dès les années 70, Bob Marley consacre l’Éthiopie et Shashamane dans ses textes – une influence qui perdure jusque chez Chronixx ("Selassie Children") ou Protoje.
- La première génération rasta s’installe à Shashamane après 1966 ; aujourd’hui, la communauté compte entre 500 et 800 membres (données fluctuantes selon The Guardian, 2019).
Mais cette réalité rasta reste minoritaire à l’échelle du pays, où le rastafarisme est peu présent et souvent peu compris.