La lutte contre l’oppression et le néocolonialisme
Premier axe, et non des moindres : la dénonciation de l’oppression, coloniale hier, néocoloniale aujourd’hui. Le reggae africain s’imprègne très tôt du message de figures comme Bob Marley, mais lui donne une coloration locale. Avec des morceaux tels que “Apartheid” d'Alpha Blondy ou “Politiki” de Tiken Jah Fakoly, les artistes s’emparent des problématiques foncièrement africaines : dictatures persécutrices, corruption, confiscation des ressources.
- Alpha Blondy dénonce dès 1985 (album “Apartheid is Nazism”) la situation en Afrique du Sud, mais aussi l’hypocrisie des puissances occidentales.
- Tiken Jah Fakoly, lui, n’a cessé d’alerter sur les dangers de la Françafrique, l’emprise des “chefs d’État éternels” sur les sociétés africaines (source : RFI Musique).
En chiffres, selon Amnesty International (rapport 2022), sur les 54 États africains, encore 21 gouvernements sont qualifiés de “non libres” par Freedom House, traduisant une persistance des problématiques dénoncées par le reggae engagé. Ce n’est pas qu’une époque ou un effet de mode : à chaque alternance difficile, à chaque élection truquée, des artistes (comme l’Ougandais Bobi Wine) montent au créneau, parfois au péril de leur vie ou liberté.